Calendrier d’avant vacances scolaires #8

wonder

A partir de 10 ans

La présentation de pocket jeunesse étant vraiment mais vraiment trop nulle par rapport à la pépite qu’est ce livre voici celle de Sophie Pilaire sur le site Ricochet :

August, surnommé Auggie, est né avec une malformation faciale que des opérations a répétition n’ont pas réussi à rendre acceptable, notamment aux yeux des autres enfants. Scolarisé à la maison tant qu’il était petit, il va entrer au collège pour la première fois. A la fois apeuré et excité par ce changement de vie, Auggie découvre bientôt un monde de liberté, mais aussi de rivalités et de moqueries…

C’est la construction narrative qui évite à ce gros roman le piège du misérabilisme – attention, l’histoire d’Auggie est poignante, difficile à supporter. Petit bonhomme courage, il va bien sûr raconter en première ligne son quotidien avec une naïveté d’enfant choyé, ce qui n’enlève rien à ses souffrances. Les détails physiques sont là, pas trop nombreux toutefois, car Auggie a accepté sa différence et préfère nous parler de ses relations aux autres.
Mais – c’est le grand intérêt du livre – il ne sera pas le seul à s’exprimer : sa sœur Olivia, des amis et parfois même des ennemis du collège nous disent aussi leur façon de côtoyer le jeune garçon. La multiplicité des points de vue replace donc le handicap dans un contexte assez large, moins consensuel (on peut ainsi citer Olivia expliquant la difficulté de passer toujours derrière ce petit frère adoré).
Au centre des récits des uns et des autres revient sans cesse la question de la « normalité » d’Auggie : comment se comporter avec lui ? Est-il contagieux ? Comment respecter ses faiblesses physiques (il entend mal, se fatigue vite…) sans les stigmatiser ? Peut-on faire comme si tout allait bien ? Les réponse ne viendront pas vraiment, ou tout du moins pas facilement. La façon dont Auggie va finir par être intégré parmi ses camarades sonne bizarrement à nos yeux européens, avec cette idée d’esprit de corps d’un établissement scolaire contre un autre. Passons. Après tout, l’histoire coule aisément entre les courts chapitres et les voix qui racontent l’action, parfois lente, parfois brusque voire brutale. Et le plus important reste la sociabilisation réussie du héros. C’est donc une fin heureuse, qu’on ne peut s’empêcher malgré tout de penser provisoire : Auggie, poussé par l’amour que lui porte les siens, sûr d’avoir des enfants un jour, devra sans doute batailler pour se faire accepter à chaque changement d’environnement… L’auteure gage qu’il en aura largement le courage, et on adore la croire dans ce livre sur un fil de finesse touchante.

Sophie Pilaire

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