Le coup de Kif (et autres divagations)

kifje l’ai lu en prévision du club ado du mois de novembre qui a pour thème la banlieue (oui, nous comptons leur montrer le clip des inconnus, bibliothécaires génération 80 oblige!)

Alors ce livre est complétement hors thème, mais je l’ai quand même fini, car il n’était pas déplaisant.

Il y a quelques temps j’avais parlé ici des livres dans le livres avec la bibliothèque des coeurs cabossés, la reine lectrice et Sonietchka. Ce livre se rapproche plus par (j’allais mettre médiocrité mais c’est méchant mais en même temps…) son approche de la bibliothèque des coeurs cabossés.

Par un style de fou, une intrigue assez simple et basique (j’ai cru pendant 1 minute que j’allais être surprise par la fin mais en fait non), on devine assez bien ce qui va se passer. Ce qui m’a plu (car il faut bien que j’y ai trouvé un intérêt) c’est « l’analyse » de la langue, et de la communication à travers les produits culturels (livres musique).).

«  on se fourre tous le doigts dans l’œil parce qu’il n’y a pas une langue maternelle ou je ne sais quoi qu’on prétends nous apprendre à l’école mais des langues à n’en plus finir et, dans la vie, pour s’en sortir, vaut mieux en maitriser plusieurs et tant qu’à faire, dégainer la bonne au moment opportun pour pas passer pour un blaireau. »

Et j’ai trouvé ça assez vrai. Dans le livre, Karel, l’héroïne, explique qu’elle parle « normalement », ce qui ne la rends pas « cool ». Elle donne souvent sous forme de traduction, le sous texte de la langue des profs, des parents, de ses amis, de l’intello… ça m’a bien plu.

Je pense aussi que l’on doit « jongler » entre plusieurs langues et niveau de langue.Parfois quand je parle à Martin, je me dis que je ne suis pas assez précise. Que ma phrase ne va pas à l’essentiel, qu’il faut qu’elle soit le plus clair possible. Un exemple « range ta chambre » nous parle à nous adulte, pour lui pauvre nouchon ça ne veut rien dire. Mais « mets les mégablock dans le panier, aller on range » ça c’est clair, et on refait une deuxième phrase avec « mets tout les livres que tu as sorti dans le bac ».

A la médiathèque je ne parle pas de la même façon aux bébés, aux enfants aux adultes. Mais ça on va dire que c’est adapter la langue en fonction du niveau de compréhension de l’interlocuteur.

Pour certain, parce que je parle « bien », que j’utilise parfois des mots compliqués et que j’ai des lunettes je suis une snob intellectuelle (on se rappelle d’un certain Raouf de mon bac +10 et de mes grosses lunettes de Paris…)

Pour d’autre je suis clairement identifiée « banlieue » parce que j’aime certains mots de rabouin, que je les trouve parfois soit plus beaux, soit plus en adéquation avec ma pensée que les vrais mots du dictionnaire homologués, estampillés académie française.

Le plus flagrant c’est je pense au travail. Depuis que j’ai été animatrice, et ai travaillé avec des amis ayant un langage plus familier, je suis moi même plus familière. J’aime faire rire Françoise en ne plus parlant qu’en Montreuillois. Quand je suis avec mes collègues dans l’open space je suis assez familière, pas mal vulgaire (mes « bâtard » sont assez légendaires) mais j’ai épaté pas mal d’entre eux en réunion car pour le coup j’arrive à faire des phrases claires, avec les mots qu’il faut au bon endroit, sur un ton diplomate mais ferme.

J’aime pouvoir passer d’un registre à un autre. Et depuis toujours j’aime les mots, les mots dans tout les sens. Pour pouvoir se comprendre les uns les autres (ce qui est quand même le présupposé principal à une belle vie) ils faut qu’on commence déjà par parler la même langue, le même langage. J’aime les mots et leur nuance, en connaître plein, les utiliser à bon escient. J’aime pas quand on se sert de la nuance des mots pour faire de la mauvaise foi et des chichis (ça y a que moi qui ai le droit ;), ne pas trouver mes mots, ne plus me souvenir de la définition d’un mot compliqué.

Je me suis pas mal égarée, je ne sais même plus ce que je voulais dire au départ…

Le coup de kif de Gwladys Constant (édité chez Oskar (promis pour une fois pas de cancéreux unijambiste violé par le père d’un ami sidéen)) est donc un livre sympathique, si vous avez l’occasion de le lire, il ne révolutionnera pas votre vie, mais vous passerez un bon moment à partir de 13 ans (empruntez le à votre médiathèque, ne l’achetez pas forcément)

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